On ne cherche pas…on trouve (Picasso)


 

 

« tout le monde est un génie ; mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide » (A. Einstein) (ici)


Résumé des projets

 

Cultiver sa différence dans l'intelligence, le respect et la bonne humeur !

 

 

" Ou comment être capable de trouver un chemin le mieux adapté à son profil et à ses capacités dans un monde de plus en plus complexe"

 

 

 

Résumé du projet:

Exporter des savoirs faire vers d'autres écoles, ( mais aussi d'autre lieux ) en initiant par des tutorats les élèves à l'analyse critique de l'image grâce aux outils informatiques. Un travail créatif, lié aux arts visuels à l'aide de logiciels de retouches photos.

 

 

 

Le contexte:

  • Une population d'enfants en échec scolaire massif. 
  • Les causes : Détresses sociale, affective et familiale.

 

 

Plusieurs projets Projet de classe

pour répondre à une finalité: 

 

 

Projets de tutorat

  • - Collaboration avec des écoles primaires
  • ( expérience faite avec l'école "la maréchale")
  • - Collaboration avec des collèges
  • (expérience faite avec le collège "château double")

 

 

Ville d'Aix en Provence

  • - Travail en relation avec les service de communication de la ville
  •    (Commande de l'affiche c'est Sud)
  • - Réalisation de clip dans le cadre du festival d'Aix en Provence
  • - Ateliers de création d'images avec la direction de la jeunesse 
  • - Classe vidéo transplantée "Ecriture, réalisation et montage"

 

 

Objectifs principaux :

  • Rendre les élèves capables d'apprendre.
  • Connaissance du profil des élèves à besoins éducatifs particuliers.
  • Adaptation des démarches et des outils pédagogiques à ces besoins
  • Avoir de l'ambition pour ces enfants en mettant autant que faire ce peu ses propres domaines de compétences, de connaissances et de motivations au service d'un projet commun à tous (élèves – enseignants - institutions...)
  • Instituer la polyvalence dans le cadre de l'équipe éducative

 

 

Connaissance du profil des élèves

à besoins éducatifs particuliers:

  • En règle générale les élèves accueillis en ITEP ont rejeté toute pédagogie traditionnelle et ont construit une peur d'apprendre qu'il va falloir déconstruire.

 


      Caractéristiques invariantes:

  • Image de soi négative et sentiment de non appartenance à l'espace                           normé et normatif qu'est l'école avec des comportements de repli , de défense et de rejet de cet espace. 
  • Absence de la culture implicite attendue par l'école ( acquis en termes de savoirs, mais aussi et surtout en terme se savoirs-faire et de savoirs-être indispensable au "métier" d'élève.
  • Peu porteur d'une culture de projet Peu ou pas de dynamique de "projection / avenir". Relation mentale de soi dans un futur décalé ou inexistant. Enfant dans un éternel présent. Peu de méthodologie construite et consciente. Les stratégies mentales sont peu ou pas organisées, il n'y a pas de relation mentale du tout de l'activité scolaire, donc de l'apprentissage.

Bilan des projets tournant autour

de " l'image manipulée"

 

Bilan

Nous aurions aimé pouvoir constater à long terme les changements et les évolutions qu'entraînent un tel projet … Malheureusement les lois changent et les projets encensés la veille n'ont plus lieu d'exister le lendemain. Nous aurions pu faire un bilan assez précis du projet "image manipulée", mais le public a changé !!! Nous sommes passés d'un public d'enfants ayant des troubles du comportement et refusant le cadre scolaire classique à des enfants présentant des troubles psychiatriques graves. Nous devons mener une réflexion sur la pérennisation de ce projet ou tout au moins sur l'adaptation à ce nouveau public.

 

Nous avons constaté de réels changements de comportements. Certains qui n'avaient même pas un comportement d'élève, (ce qui veut dire pour nous qu'ils refusaient même de rentrer dans la classe et de s'y asseoir cinq minutes,) se sont investis dans le travail qui leur était proposé au point de rester concentrés plus de trois heures et de vouloir y revenir.

 

Nous avons également vu des enfants échanger pour la première fois sur un projet et défendre des idées, s'entraider, se conseiller et partager d'autres propos que des insultes. Nous les avons vu solidaires , confiants et fiers de revenir dans les lieux sacrés de l'école dite "normale" non plus avec l'étiquette qui leur collait à la peau depuis toujours de mauvais élève mais forts de leurs acquisitions, de leurs savoir faire au point de le transmettre à d'autres par des tutorats. Nous les avons vu faire un réel "pied de nez" à l'institution en initiant au logiciels de retouches photos des futurs professeurs des écoles qui préparaient le concours avec une option arts visuels.

 

Enfin nous avons vu qu'il était possible d'offrir autre chose que le moule institutionnel qui ne fonctionne pas pour tous et qui de fait exclus ceux qui pourraient développer d'autres richesses.

 

L'ère du numérique et de l'image est entrée dans nos vies et malheureusement il faudra encore sacrifier plusieurs générations d'enfants avant que la lourde machine de l'éducation s'attaque au problème de la lecture des images.

 

Le projet "image manipulée" montre que l'éducation à l'image est une nécessité absolue au même titre que l'apprentissage de la lecture. Si nous n'y prenons pas garde nous aurons de plus en plus d'échec scolaire massif, non pas parce que nos enfants seront de mauvais élèves ne comprenant rien, mais juste parce que nous nous n'aurons pas su nous adapter en voulant à tout prix nous accrocher à des valeurs d'un autre monde.

 

Fort de cette expérience,  nous avons mis en place plusieurs activités transversales. Certaines ont dû être abandonnées, mais d'autres continuent d'exister et d'apporter des réponses, comme le théâtre, la cuisine, le jardinage ou le sport.

Le positif pour les enfants qui ont participé à ce projet est indéniable , mais le bilan que je tire de cette aventure est en demi tente.

L'expérience m' a montré qu'il valait mieux conduire ce projet sur une courte durée en continue . Par exemple deux heures par jour sur une semaine ou dix jours, plutôt qu'une heure et demi une fois par semaine sur un trimestre.

Pourquoi ?... Pour plusieurs raisons. La première c'est le transport d'un matériel fragile et sa mise en place fastidieuse à chaque fois. La deuxième, se mobiliser sur un projet à long terme est une difficulté supplémentaire pour mes élèves .

Par contre, construire un projet à court terme , en valorisant le travail, et la collaboration par une exposition dans la foulée donne l'énergie nécessaire pour repartir à nouveau .

 

Outre une certaine lassitude que j'ai pu constater chez mes élèves quand le projet s'étale sur une trop longue durée, c'est que les autres élèves tutorés comprennent plus vite, réinvestissent chez eux ou dans leur quotidien. Ils développent aussi des capacités au fil des semaines souvent supérieures au possibilités de mes élèves et ces derniers se retrouvent quelquefois de nouveau face à leur handicap . Les autres sont dans des échanges avec leurs familles, ils ont souvent chez eux des personnes ressources ( parents, frères , sœurs, …) qui font des recherches et les aident à réinvestir, ce qui est très très rare chez nos élèves .

 

Ce projet a interrogé beaucoup de monde et nous avons eu beaucoup de compliments et d'éloges. Certes nous sommes très contents. Et après ! après rien … nous avons toujours les mêmes difficultés de financement pour le matériel informatique dont nous avons besoin ( machines, logiciels, etc…) . Nous nous sommes battus pendant cinq ans pour faire reconnaître ce projet et faire qu'il existe. Nous aurions aimé aujourd'hui que les institutions, et en premier l'éducation nationale, nous aident . Comment ? simplement en facilitant la mise en place de ce projet avec d'autres écoles. Que ce ne soit plus un casse tête pour tous de trouver des créneaux possibles qui ne bouleversent pas le fameux "programme".

Que des financements viennent à nous. Sans que, enseignants que nous sommes soyons obligés de nous substituer à des médiateurs culturels en recherche de financement et aller faire l'aumône auprès d'entreprises privées qui ne voient pas l'intérêt de nous aider.

 

Enfin, on peut toujours caresser des rêves,. C'est vrai que plusieurs fois j'aurais aimé continuer avec certains élèves qui avaient bien accroché à ce projet et qui avaient même développé de réelles compétences . J'aurais aussi aimé exporter ce projet ailleurs … un voyage scolaire dans une autre ville, un autre pays (francophone) pourquoi pas …Mais certains qui détiennent les clefs font de ce projet uniquement leur vitrine et un faire valoir politique alors qu'il serait possible de marcher ensemble de façon bienveillante pour nos enfants.